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    30 avril 202510 min de lectureGuide

    Le rôle du conseil en cession d'entreprise : comment bien s'entourer

    Pourquoi s'entourer de professionnels ?

    La cession d'une entreprise est une opération complexe qui mobilise des compétences juridiques, fiscales, financières et stratégiques. Même un dirigeant expérimenté ne maîtrise pas l'ensemble de ces domaines. Selon les statistiques du marché, les cédants accompagnés par des professionnels obtiennent en moyenne un prix 15 à 25 % supérieur à ceux qui négocient seuls.

    De plus, le processus de cession est chronophage : il faut compter 300 à 500 heures de travail entre la préparation et le closing. Un bon accompagnement permet au dirigeant de rester concentré sur la gestion de son entreprise pendant cette période critique.

    Les intervenants clés et leurs rôles

    Le conseil en cession / banquier d'affaires

    C'est le chef d'orchestre de l'opération. Son rôle est de :

    • Évaluer l'entreprise et définir la stratégie de cession
    • Préparer la documentation (teaser, mémorandum d'information)
    • Identifier et approcher les acquéreurs potentiels
    • Animer le processus compétitif et gérer les négociations
    • Coordonner les autres intervenants (avocats, experts-comptables)
    • Accompagner jusqu'au closing

    On distingue plusieurs types de conseils selon la taille de l'opération :

    • Boutiques M&A : spécialisées dans les PME (CA de 1 à 50 M€), elles offrent un accompagnement personnalisé
    • Banques d'affaires : pour les ETI et grandes entreprises (CA > 50 M€)
    • Réseaux de mandataires : pour les TPE et fonds de commerce (CA < 2 M€)

    L'expert-comptable

    Souvent le premier interlocuteur du dirigeant, l'expert-comptable joue un rôle essentiel dans :

    • Le retraitement des comptes et la préparation de l'EBE normatif
    • La validation de la valorisation et des hypothèses de business plan
    • La préparation des réponses à la due diligence financière
    • L'optimisation fiscale en lien avec l'avocat fiscaliste

    Si vous travaillez avec votre expert-comptable de longue date, il peut être judicieux de faire appel à un cabinet indépendant pour la valorisation, afin d'apporter un regard objectif.

    L'avocat fiscaliste

    L'avocat fiscaliste est indispensable pour :

    • Structurer l'opération de manière optimale (cession de titres vs fonds de commerce)
    • Analyser les dispositifs d'exonération (150-0 D ter, 150-0 B ter, Pacte Dutreil)
    • Anticiper les conséquences fiscales de la cession pour le cédant et sa famille
    • Sécuriser les schémas d'optimisation (apport-cession, donation avant cession)

    Son intervention, en amont de la cession (idéalement 2 à 3 ans avant), peut faire économiser des dizaines, voire des centaines de milliers d'euros.

    L'avocat en droit des affaires

    Distinct de l'avocat fiscaliste, l'avocat corporate intervient pour :

    • Rédiger ou relire la lettre d'intention (LOI)
    • Négocier et rédiger le contrat de cession (SPA)
    • Structurer la garantie d'actif et de passif (GAP)
    • Gérer les conditions suspensives et le closing

    Le banquier de l'entreprise

    Le banquier joue un rôle souvent sous-estimé :

    • Information précoce : le prévenir en amont évite des blocages sur les garanties ou les lignes de crédit
    • Facilitation du financement : il peut accompagner le repreneur dans la mise en place de la dette d'acquisition
    • Continuité des relations : un soutien du banquier historique rassure les repreneurs

    Mandat exclusif vs non-exclusif

    Le mandat exclusif

    Vous confiez la cession à un seul conseil. Avantages :

    • Engagement fort de l'intermédiaire qui investit du temps et des ressources
    • Confidentialité renforcée : un seul point de contact pour les acquéreurs
    • Cohérence du message et de la stratégie

    Inconvénient principal : si le conseil ne performe pas, le cédant est bloqué pendant la durée du mandat (généralement 12 à 18 mois).

    Le mandat non-exclusif

    Plusieurs intermédiaires travaillent en parallèle. Avantages :

    • Couverture plus large du marché des repreneurs
    • Mise en concurrence des intermédiaires

    Inconvénients : risque de fuites, messages contradictoires, moindre implication de chaque conseil (pas de garantie de rémunération).

    La rémunération des conseils

    La rémunération type d'un conseil en cession comprend :

    • Honoraires fixes (retainer) : 1 000 à 5 000 € par mois pendant la durée du mandat, couvrant les frais de fonctionnement
    • Honoraires de succès (success fee) : 3 à 5 % du prix de cession pour les PME (avec un minimum garanti)
    • Pour les opérations plus importantes (> 10 M€), le success fee peut être dégressif : 4 % sur les 5 premiers millions, 3 % entre 5 et 10 M€, 2 % au-delà

    Les avocats facturent généralement en honoraires horaires (250 à 600 € HT/heure) ou au forfait pour les opérations standards. L'expert-comptable intervient aussi en honoraires, avec un budget typique de 5 000 à 20 000 € pour l'accompagnement d'une cession de PME.

    Comment choisir le bon conseil ?

    • Références vérifiables : demandez des exemples d'opérations similaires réalisées (secteur, taille)
    • Connaissance sectorielle : un spécialiste de votre secteur valorisera mieux votre entreprise
    • Taille adaptée : évitez les grands cabinets pour une petite PME (votre dossier ne sera pas prioritaire)
    • Alchimie humaine : vous allez travailler ensemble pendant 6 à 18 mois, la confiance est essentielle
    • Réseau acquéreurs : vérifiez la capacité du conseil à sourcer des repreneurs qualifiés

    Des plateformes comme viaduc mettent en relation les cédants avec des conseils référencés et évalués, facilitant le choix du bon partenaire pour chaque opération.

    Questions fréquentes

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